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2008 | |||||||||||||||||
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FRANÇAIS
Le dossier du textile est exemplaire du nouveau visage que prend l'岢conomie mondiale depuis que la Chine a rejoint les rangs de l'Organisation Mondiale du Commerce. Le commerce de la plan岢te enti岢re sait qu'il doit compter de plus en plus avec la Chine, et le textile nous a montr岢 cette ann岢e qu'il faudra du temps et beaucoup de dialogue pour que chacun y trouve son compte.
Rappelons d'abord sommairement les principaux faits de ce dossier du textile : le 1er janvier 2005 marque la fin des quotas sur les exportations de textiles chinois vers les Etats-Unis et l'Union europ岢enne. Pr岢te depuis longtemps 岬 cette 岢ch岢ance importante, l'industrie textile chinoise a imm岢diatement saisi l'opportunit岢.
En quelques semaines 岬 peine, d'岢normes quantit岢s de textiles chinois sont export岢es vers l'Europe et les Etats-Unis...c'岢tait le d岢but du conflit commercial. De Washington 岬 Bruxelles, en passant par Paris, Londres et Los Angeles, cette arriv岢e massive de textile chinois provoque une lev岢e de boucliers des industries textiles locales. L'UE et les Etats-Unis r岢agissent tr岢s vite en imposant des restrictions pour prot岢ger leurs propres industries. En Europe, on bloque m岢me des dizaines de millions de produits chinois en douane.
Il faudra d'innombrables r岢unions de concertations, de n岢gociations et de dialogue pour r岢soudre ce conflit commercial d'ampleur mondiale. L'Union europ岢enne parvient 岬 un accord avec le Chine le 5 septembre. Deux mois plus tard, le 8 novembre exactement, un m岢morandum est sign岢 avec les Etats-Unis. Ces deux accords apportent une solution 岬 court et moyen terme pour les partenaires commerciaux. Mais ils prouvent surtout que seul le dialogue peut faire avancer les choses en mati岢re de commerce mondial.
L'accord pass岢 avec l'Europe a 岢t岢 sign岢 par le ministre chinois du Commerce Bo Xilai et le commissaire europ岢en Peter Mandelson. Le ministre chinois Bo Xilai a dit : Pour les produits bloqu岢s, nous avons appliqu岢 la m岢thode du partage sur un pied d'岢galit岢 et nous assumons chacun nos devoirs. Je pense que toutes nos n岢gociations ont 岢t岢 bas岢es sur l'岢galit岢. Les relations 岢conomiques et commerciales entre la Chine et l'Union europ岢enne sont pleines de dynamisme. Nous cherchons syst岢matiquement ensemble 岬 aboutir au respect de nos int岢r岢ts r岢ciproques.
Un point de vue partag岢 par Peter Mandelson qui estimait alors que la r岢ciprocit岢 岢conomique entre ces deux partenaires promet de grandes perspectives de coop岢ration. Peter Mandelson a dit : Il n'y a pas eu et il n'y aura pas de guerre commerciale entre la Chine et l'Union europ岢enne, car nous avons des besoins r岢ciproques. Nos int岢r岢ts peuvent 岢tre satisfaits via des aides bilat岢rales. Ces int岢r岢ts concernent non seulement le commerce, mais aussi beaucoup d'autres domaines. Nous devons renforcer notre coop岢ration dans tous les domaines.
Les choses ont 岢t岢 un peu plus longues 岬 se d岢bloquer avec les Etats-Unis. De nombreuses difficult岢s ont persist岢, les n岢gociations sino-am岢ricaines se sont prolong岢es? et le 8 novembre, un m岢morandum d'entente a finalement 岢t岢 sign岢 par Bo Xilai, et le repr岢sentant commercial am岢ricain Rob Portman.
Globalement, ces deux accords planifient les exportations de textiles sur les ann岢es 岬 venir, sans les restreindre, mais en les contrlant. Des 岢conomistes et des professionnels chinois estiment que cela favorisera un environnement commercial table et pr岢visible pour la Chine et ses partenaires. Le porte-parole de l'Association de l'industrie textile de Chine, Sun Huaibin, 岬 propos de l'accord sino-am岢ricain, a d岢clar岢 :
Cette d岢cision de limiter les exportations est le fruit d'une discussion qui se traduit par un accord sign岢 par les deux parties. Elle pr岢voit la croissance des exportations textiles chinois vers les Etats-Unis pour la p岢riode 2006 岬 2008 et favorise la stabilit岢 d'un environnement commercial bilat岢ral. C'est mieux que les restrictions unilat岢rales qu'avaient d岢cid岢es les Am岢ricains sur nos produits.
C'est ce qui s'appelle un compromis. M. Sun estime toutefois que ces deux accords sur le textile n'excluent pas l'irruption de nouveaux conflits commerciaux. Pour y faire face, l'industrie textile chinoise doit de son ct岢 se restructurer et s'am岢liorer, en d岢veloppant de grandes marques et en renforant sa comp岢titivit岢 commerciale. Et le dialogue devra rester constant entre les partenaires commerciaux.
Dans ce contexte tr岢s particulier, les exportations textiles chinoises en 2005 devraient atteindre un volume de 116 milliards de dollars, selon l'Association de l'Industrie textile de Chine, en hausse de plus de 19% par rapport 岬 2004.
Le deuxi岢me sujet 岢conomique important de cette ann岢e 2005 a sans conteste 岢t岢 la r岢岢valuation de la monnaie chinois. Le gouvernement chinois a annonc岢 le 21 juillet dernier la r岢岢valuation de 2,1% du renminbi ou yuan, apr岢s 11 ann岢es de taux de change fixe face au dollar. Cette r岢岢valuation s'est assortie d'un syst岢me permettant 岬 la devise de monter ou de baisser de 0,3% par jour contre le dollar. Cette mesure a quelque peu surpris le monde des finances, m岢me si elle 岢tait pr岢vue et attendue par les 岢conomistes. En tout cas, elle a eu des r岢percussions imm岢diates sur les march岢s financiers internationaux. Et aujourd'hui, pr岢s de cinq mois plus tard, le yuan n'a mont岢 que de 0,35%, sous l'?il tr岢s vigilant de la banque centrale.
Des 岢conomistes chinois ont affirm岢 qu'un taux de change plus flexible de la monnaie aidera la Chine 岬 restructurer son 岢conomie. Le Dr. Gao Huiqing, du Centre d'Information de Chine, a reconnu pour sa part que cette r岢岢valuation favorisera le changement de mode de croissance de l'岢conomie chinoise qui se trouve actuellement dans une p岢riode sensible. La valeur du dollar am岢ricain augmentant sans cesse, la r岢岢valuation cr岢岢e un bon environnement pour la r岢forme du syst岢me de change de devises 岢trang岢res, a pr岢cis岢 Gao. L'appr岢ciation de 2,1% affectera probablement 岬 court terme les revenus des salari岢s des entreprises commerciales 岢trang岢res, dont le taux de profit actuel est de quelque 3 岬 5%, a reconnu Gao.
Malgr岢 ses r岢percussions importantes sur les milieux 岢conomiques et financiers, cette r岢岢valuation n'a eu jusqu'ici qu'un impact limit岢 sur la vie quotidienne des Chinois selon le Dr. Cui Bin, 岢conomiste. Il a dit : Quelques mois apr岢s la r岢岢valuation de yuan, on s'est aperu qu'elle n'a pas beaucoup influenc岢 la vie quotidienne des Chinois dans leur r岢serve bancaire. C'est normal, puisque ce ne sont pas les Chinois ordinaires qui poss岢dent des d岢pts importants en dollars dans les banques. Son impact sur la vie quotidienne des Chinois est m岢me moins important que celui de l'岢l岢vation du taux de pr岢t, appliqu岢e par les banques chinoises au d岢but de 2005.
Mais sur le march岢 des devises 岢trang岢res, le dollars n'a cess岢 de se d岢valuer. Et selon Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque populaire de Chine, la banque centrale chinoise, si la balance commerciale chinoise pouvait 岢tre contrl岢e, les pressions pour une nouvelle r岢岢valuation du yuan seraient r岢duites. En tout 岢tat de cause, le gouvernement chinois n'envisage pas de nouvelle r岢岢valuation dans un avenir proche. Il l'a r岢p岢t岢 岬 plusieurs reprises
Abordons maintenant la question du macro contrle 岢conomique que le gouvernement chinois applique depuis le d岢but 2005 pour mieux matriser et limiter le taux de croissance 岢conomie. Un taux de croissance, rappelons-le, qui culmine 岬 pr岢s de 9%. Pour mieux nous faire comprendre les enjeux de ce macro contrle, donnons la parole 岬 Ding Yifan, le vice-directeur de l'Institut de recherche sur le d岢veloppement mondial d岢pendant du Conseil des Affaires d'Etat. Il nous explique pourquoi le gouvernement souhaite ralentir le taux de croissance 岢conomique. M. Ding a cit岢 le secteur immobilier dans le macro contrle 岢conomique. Et pour cause. La flamb岢e des prix du logement est vraiment devenue une pr岢occupation majeure des Chinois. Certains experts estiment m岢me que la hausse excessive des prix pourrait conduire 岬 encore plus de sp岢culation, avec des risques latents d'effet de bulle, et de graves cons岢quences financi岢res.
Pour stabiliser les prix de l'immobilier et freiner la sp岢culation, le gouvernement chinois a pris des mesures financi岢res et fiscales. Car selon des chiffres officiels, le prix moyen des nouveaux appartements a augment岢 de 14% entre 2004 et 2003. Un record en sept ans ! Et en 2005, la tendance 岬 la hausse s'est poursuivie. Au premier semestre, les prix de l'immobilier dans 35 moyennes et grandes villes chinoises ont augment岢 de 10%, selon le Bureau national des statistiques de Chine. La hausse va m岢me jusqu'岬 20% dans certaines villes ! Bien au-del岬 de ce que peut se payer la moyenne des habitants.
Alors, comment en est-on arriv岢 l岬 ? La r岢ponse nous est donn岢e par le professeur Zhao Xijun, directeur adjoint de l'Institut de recherche des Finances et de la Bourse de l'Universit岢 du peuple chinois. Il a expliqu岢 : Ce probl岢me est loin d'岢tre r岢solu pour les Chinois. 80% des nouveaux logements sont achet岢s pour une utilisation personnelle. Notre pays traverse une p岢riode de d岢veloppement 岢conomique rapide. Nous avons d岢j岬 r岢solu les probl岢mes de nourriture et d'habillement. Les probl岢mes du logement et du transport restent 岬 r岢soudre. De nombreux Chinois esp岢rent am岢liorer leur condition d'habitat. La demande en logements neufs est importante. A court terme, cette forte demande ne pourra pas enti岢rement 岢tre satisfaite. Le rapport entre l'offre insuffisante et la trop forte demande fait que le prix du logement a tendance 岬 augmenter 岬 long terme.
Les experts affirment que la sp岢culation est largement r岢pandue dans le secteur immobilier chinois. Et qu'elle agit en en cascade... Elle entrane une hausse rapide et continue des prix? et des investissements. Cela a pour effet de gonfler ces investissements dans la production du fer et du ciment, d'o徂 des tensions sur les march岢s de l'岢nergie et des mati岢res premi岢res. Tensions qui ont elles-m岢mes des effets n岢fastes sur les transports.
Face 岬 l'ampleur du probl岢me, le gouvernement chinois redouble d'attention. Actuellement, il contrle de pr岢s la hausse des prix de l'immobilier grce 岬 des mesures de macro contrle 岢conomique.
Par exemple, en mars 2005, la banque de Chine a ainsi relev岢 le taux de pr岢t bancaire pour les achats de logements. Les banques commerciales provinciales ont vite suivi le mouvement et adopt岢 la m岢me mesure. Le docteur Yin Zhongli, de l'Institut de recherche financi岢re de l'Acad岢mie des Sciences sociales de Chine, a d岢clar岢 : Cette mesure de macro contrle adopt岢e par la Banque de Chine est la premi岢re 岢tape des politiques sur l'immobilier. Une s岢rie de mesures vont 岢tre publi岢es pour contrler la hausse excessive du prix du logement.
Le docteur Yin Zhongli estime que le rel岢vement du taux de pr岢t par la Banque de Chine illustre clairement la volont岢 du gouvernement d'intervenir dans le contrle des prix. Depuis l'entr岢e en vigueur de cette mesure, de plus en plus de consommateurs pr岢f岢rent attendre et observer la tendance du march岢.
Mais la tendance 岬 la hausse a repris 岬 la fin de l'ann岢e. Des chiffres de la Commission d'Etat du d岢veloppement et de la r岢forme montrent qu'en novembre, dans 70 moyennes et grandes villes, le prix de l'immobilier a augment岢 de 6,8%. Sur les 10 premiers mois de 2005, la hausse a 岢t岢 de 1.196 yuans par m2, soit 21% de plus que l'ann岢e pr岢c岢dente.
Alors certes, les prix augmentent. Mais moins vite grce aux mesures gouvernementales. Le taux de croissance des prix de l'immobilier 岢tait de 12,5% au premier trimestre, puis de 10,1% au deuxi岢me trimestre et sera de 8,8% au troisi岢me trimestre 2005.
La politique de macro contrle 岢conomique doit encore se poursuivre et il reste beaucoup 岬 faire pour contrler la sp岢culation immobili岢re et baisser les prix du logement.
Une autre mesure importante de l'ann岢e 2005 en terme de r岢forme a concern岢 l'impt sur le revenu. Une question qui touche, de pr岢s, de plus en plus de Chinois. Le gouvernement a d岢cid岢 de doubler le seuil de perception de l'impt sur le revenu. Ce seuil passera de 800 yuans 岬 1600 yuans par mois au 1er janvier 2006. Jin Renqing, le ministre des Finances, nous explique ce qui a motiv岢 cette d岢cision : La Loi sur l'impt sur le revenu personnel a 岢t岢 mise en vigueur il y a une dizaine d'ann岢es. Et au fur et 岬 mesure du d岢veloppement rapide 岢conomique, les revenus des salari岢s ont augment岢, ainsi que leur niveau de consommation. Leurs d岢penses ont m岢me consid岢rablement augment岢. Le seuil de perception de 800 yuans fix岢 en 1993 est donc aujourd'hui largement d岢pass岢. Pour que ce seuil corresponde 岬 la situation actuelle r岢elle, le projet d'amendement le fait passer de 800 岬 1600 yuans de revenus mensuels.
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